ODE A L’ARBORICULTURE
C’est en l’an de grâce 1934 au temps du germinal,
Que des citoyens de la commune ont eu l’idée tout à fait géniale
De fonder une société pour la sauvegarde de l’arboriculture
Afin d’inciter à planter des arbres fruitiers et d’encourage la culture
Après deux décennies avec la participation des enfants des écoles
L’accord du conseil communal la société vient propriétaire d’une parcelle arboricole
Sous le Mont choisi à l’est de la Rougeau, pour les fruitiers ce n’est pas une bonne option
Le terrain trop marneux empêche le bon développement des arbres quelle déception
Tant et si bien que 24 ans plus tard sans hésitation,
Le verger est déplacé ; au Cras Brûlé a lieu la plantation.
Par une belle journée de printemps se déroule cette opération.
Pour l’assurer, les autorités ont fait preuve de compréhension.
L’emplacement choisi pour le nouveau verger est de bonne augure ;
Les arbres prospèrent bien : c’est de la belle et bonne culture
Les années passent, déjà le demi-siècle d’existence !
Au floréal de l’an 1984, le jubilé est fêté devant une belle assistance.
Des représentants du conseil communal, moultes éloges sont adressés
A la petite société qui fait son bonhomme de chemin sans se presser
A notre Président sortant, un cadeau pour tout son dévouement.
Un orchestre entraînant met tout le monde en mouvement.
Une soirée qui a laissé à ses participants un souvenir lumineux,
Une société qui part avec de nouvelles ambitions c’est fabuleux.
Hé oui, l’idée a germé de construire un abri au Cras Brûlé
Un rêve un peu fou, vu les circonstances sera bientôt réalisé.
A la rue de la Ribe, une remise en bois est démontée. C’est l’occasion
De ramasser une quantité impressionnante de planches de récupération,
L’ancienne fabrique de vélos Rebetez désaffectée passe à la démolition.
La charpente de bonne qualité pour 500.- devient notre acquisition.
Une bonne douzaine de costauds sont à pied-d’œuvre un samedi de brumaire
La charpente est démontée, déclouée et rangée c’est extraordinaire
Tout ce matériel est bon présage pour raffermir entre membres les contacts
A l’assemblée générale de 1987, nous décidons de passer à l’acte.
Le permis de bâtir est accordé par le conseil communal
Ce qui n’est du goût des autorités forestières et cantonales
Un coup de pouce et avoir la cote peut parfois être de bénéfice
La société en a besoin, elle peut construire son édifice.
Par un beau samedi du début mars, sur le sol bien gelé,
Les fondations de notre hangar sont creusées et coulées.
Une équipe s’affaire au béton, l’autre à la taille, le tout dans un esprit cordial,
Car malgré tout le verger à ses exigences, c’est primordial.
En la halle des fêtes, la taille de la charpente est mise en chantier
Sous la direction de notre ami René ébéniste, menuisier et charpentier.
Les poutres sont lavées sont classées, alignées, taillées, bichonnées ;
Elles serviront à faire une belle charpente et surtout bien chevronnée.
Après une semaine de travail assidu, précis au mesurage, marquage et découpage,
Scie et ciseau aidant, tenons et mortaises apparaissent : c’est un bel ouvrage
Tant et si bien que samedi 2 mai, petit Jean camionneur assure le chargement
Le grand branle-bas, la charpente arrive sur place avec beaucoup de ménagement.
Il fait beau, il fait chaud ; les pièces de bois s’emboîtent et s’alignent.
Un côté se monte, puis un autre, tout prend forme, tout est bien en ligne
Des autocuiseurs un bon dîner nous est servi. L’entreprise est bien organisée
Recommandations de l’ami René, chef de chantier, un seul café arrosé.
Le soir de ce 9 mai 1987 à la charpente est fixé le sapin :
Magnifique travail de société, réalisé par une équipe de vrais copains,
Un casse-croûte du soir, devant un bon verre, on savoure notre satisfaction ;
A René, notre grand responsable, va toute notre admiration.
Le samedi suivant lattage, pose de tuiles et de la barrière d’enceinte ;
Tout sera rangé : le bétail sera bientôt là, il ne pourra laisser ‘empreintes
Patience, courage et beaucoup d’énergie ont été de mise
Pour monter, couvrir, lambrisser et terminer cette petite remise.
Le 5 septembre de la même année est une journée peu ordinaire :
De très bon matin les cuistots sont là. Ils ont mis le feu aux chaudières.
La veille ont été montés une tente et bancs de fête, on inaugure.
Une très bonne odeur parfume le coin, c’est de bonne augure.
Dès onze heures les invités sont là, la fête sera belle.
L’apéritif est servi ; poignées de mains. Surtout pas de note rebelle
Georges Guerdat vie-maire et Serge Rebetez conseiller, déléguées de la bourgeoisie
Ernest Gafner & son épouse nous gratifient de leur présence et habituelle courtoisie.
Tout le monde est là : sociétaires, épouses et enfants en amical rassemblement.
Le Président souhaite la bienvenue et bon appétit au régiment.
Dames et demoiselles sont mobilisées pour donner le coup de main,
Elles servent une délicieuse choucroute garnie et un bon verre de vin.
Notre caissier pour la circonstance s’est mué en barman
Un grand coup de chapeau à notre équipe de cuisine : ce sont de parfaits gentlemen
Après un si bon repas et dessert-maison, un café s’impose arrosé d’une mirabelle
Autorités et invités félicitent la société pour cette réalisation si belle.
On sort de table pour assister é la découverte d’une appellation très originale
Le Président devant toute l’assistance prononce la sentence baptismale.
« Oh, toi petit hangar, construit avec des matériaux de démolition
Tu nous fais tellement plaisir que tu nous mets en ébullition
Tu es sorti de terre ici dans ce magnifique décor
Beau, élégant, on t’a façonné dans un temps record.
Aujourd’hui 5 septembre 1987, très solennellement et avec détermination
En présence des représentants du conseil communal, des invités et une sacrée motivation
Au nom de la loi, et sans aucun malentendu
Je te baptise, désormais tu seras : « Au fruit défendu ».
Après ce petit intermède, les accordéonistes se mettent à l’ouvrage
En chansons accompagnées par Hans et Gérard, c’est la fête au pâturage.
La nuit tombant avec la pluie n’entame en rien gaieté et ambiance.
Le Louis de la Croix offre la raclette à toute la compagnie, quelle chance !
L’orchestre se déplace dans la maisonnette, le plancher est mis à rude épreuve
On s’amuse jusqu’à très tard, un souvenir inoubliable en sera la preuve.
L’an 87 restera marqué dans les annales de la société
Par la réalisation du fruit défendu une sacrée opportunité
Construction qui nous procure une entière satisfaction
D’être les auteurs d’une aussi belle réalisation
L’œuvre malgré tout souffre d’un handicap important
L’absence d’une amenée d’eau problème tantôt réglé c’est épatant
Le niveau atteste que la source du Cras Brûlé peut nous dépanner
Une fois les autorisations accordées les chambres sont posées et bétonnées
Un tuyau relie la source à notre bâtiment installation surtout bienfaisante
On est 1996 et le petit chalet est alimenté en eau courante
Le petit rucher est déplacé de l’autre côté de la haie, les abeilles ne seront plus dérangées
Une place sera aménagée, le grill les tables et les outils y seront rangés
Pour les dépenses engendrées par la mise en place de toutes ces infrastructures
Vous vous êtes mobilisés en organisant des lotos et fêtes pour éviter la déconfiture
C’est quand même pour la société un heureux aboutissement
Pour les membres un signe tangible d’un bel épanouissement
Avec les années qui passent nos fruitiers ont pris une sacrée ampleur
Continuons donc d’entretenir notre verger c’est tout à notre honneur
D’être fier d’une société qui a comme devoir la défense du fruit bien entendu
Que longtemps encore des amis se retrouvent dans ce paradis qu’est le « Fruit défendu »
Jean Vallat
|